jeudi, 07 septembre 2006
Frais de scolarité

Depuis quelques jours, je participe part à un bon petit débat sur les frais de scolarité sur le blogue de Julie. C’est un sujet qui est de mise suite aux rapports récents de Statistiques Canada et de la Educational Policy Institute.
L’argument tourne autour de l’impact des frais de scolarité sur la participation de la population aux études universitaires. Julie, Sam et Altavistagoogle semblent vouloir que le Nouveau-Brunswick emboîte le pas et fasse comme le Québec qui a gelé les frais de scolarité il y a 10 ans. Selon plusieurs, par contre, cette mesure n’a pas été bénéfique pour les universités et les étudiants du Québec.
Comme si je l’avais commandé, Alain Dubuc, éditorialiste à La Presse, nous livre un excellent texte sur comment le fameux gel n’a pas eu les résultats désirés et comment ce sont les mieux nantis qui en ont bénéficié. (Alain-Dubuc.2.doc) Voici un extrait particulièrement cinglant…
Après avoir suivi ce mouvement (celui des compressions budgétaires qui ont mené aux augmentations des frais), en doublant ses frais au début des années 90, de 900 $ à 1800 $, le Québec les a regelés en 1996. Au nom d'un principe: ne pas restreindre l'accès à l'université aux jeunes de milieux plus modestes. Bien des Québécois sont fiers de cette réalisation qui nous distingue. Mais elle repose sur une illusion et elle comporte des coûts importants.
Au plan social, cette mesure n'a rien donné. Malgré ces droits plus bas, la fréquentation scolaire n'est pas plus élevée au Québec qu'ailleurs. Rien n'indique non plus que la présence d'étudiants de milieux moins fortunés y soit plus élevée. Mais surtout, parce qu'ici comme ailleurs la clientèle universitaire vient largement des classes moyennes, le gel des droits de scolarité est un cadeau qui profite bien plus aux jeunes issus de milieux favorisés. L'argent est allé au mauvais endroit.
…et un autre…
Par contre, ce gel a coûté cher. Il a privé les universités québécoises de revenus importants, auxquelles les institutions des autres provinces ont eu accès, un manque à gagner que le gouvernement québécois n'avait pas les moyens de compenser. Résultat, il manque quelque chose comme 400 millions par année, avec des impacts qui seront de plus en plus lourds sur la qualité de nos universités.
Comme je l’ai écris dans une chronique en 2005, le gel (ou l’élimination) des frais de scolarité n’est pas une panacée. C’est une approche trop simpliste qui ne tien pas compte des nombreuses raisons (autre que l’argent) pour lesquelles tants de jeunes ne poursuivent pas leurs études au niveau universitaire.
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lundi, 10 juillet 2006
Êtes-vous « surblogués » ?

(Note : Été + bébé = peu de temps pour « bloguer ». J’espère bien pouvoir reprendre mes forces bientôt.)
Si l’on se fie à mon co-chroniqueur, Benoît Ferradini, il y a des gens, comme lui, qui en on assez « de la mode du tout-blogue ». C’est sans doute un sérieux problème. Le remède, par contre, n’est pas très compliqué.
Benoît, tout comme d’autres amis et connaissances, ne comprennent pas comment les gens puissent s’intéresser aux blogues qui ne sont, selon lui, que l’équivalent d’un « journal intime qui serait lu par des dizaines d’internautes inconnus ». Il semble surtout détester ce qu’il qualifie d’un « genre d’exhibitionnisme » et il est convaincu que l’acte de se vider par le biais d’un blogue « c’est du narcissisme pur et simple ».
À la fin de sa chronique, il demande aux lecteurs de réagir. Alors, Benoît, voici ma réaction à tes propos et, peut-être, un remède pour tes maux.
Je suis d’accord qu’il y a certains blogues qui ressemblent à un « journal intime » et ne semble destinés à personne. C’est la réalité du phénomène des blogues. C’est, également, la réalité d’Internet tout court.
Oui, mon ami, il y a une tonne de « blogues d’anonymes, créés à la va-vite, sans but précis, des « blogueurs » qui s’ennuient et pensent accéder à une forme de reconnaissance en publiant des moments pas très intéressants de leurs vies. » On pourrait dire la même chose pour des simples sites Internet.
Il faut, en tant qu’internaute, simplement apprendre à naviguer le monde des blogues comme on navigue sur Internet. Ou même comme on navigue une bibliothèque ou un kiosque à journaux. Il y a une quantité industrielle de merde. Il s’agit tout simplement de trouver les blogues qui nous informent ou ceux qui nous divertissent et le tour est joué. Le meilleur outil, en passant, pour ne rien manqué sur ses blogues préférés, est sans équivoque Bloglines. Pour les accros, comme moi, c’est génial.
En ce qui concerne le côté narcissiste des blogueurs, je dois avouer que ce n’est pas faux. Mais les blogueurs, les bons, ne sont pas plus narcissistes que les chroniqueurs. Dans bien des chroniques, les tiennes comme les miennes et bien d’autres, les sujets sont très personnels. Comme, par le biais de nos chroniques, tu as appris de la naissance de mon fils et des péripéties de ma petite famille, j’ai aussi appris comment s’était passé ton séjour au Yukon, le lock-out des employés de Radio-Canada et comment tu es devenu un vrai Canadien suite à ton achat de ta première chemise « carreautée ».
Moi, j'ai bien aimé lire tes chroniques et j'aime bien rédiger les miennes, mais il y a sans doute des milliers de gens qui s’en foutent pas mal de ce qui se passent dans nos vies. Ces personnes ne lisent tout simplement nos chroniques et je te conseil de faire la même choses pour tout les blogues, sites Internet, revues, livres, films, musée et galeries qui ne t’intéressent pas. Il est la le remède à tes maux liés au « surbloguage ».
En passant, si tu veux que je te dirige vers de bons blogues, tu sais bien où me trouver.
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vendredi, 23 juin 2006
Le hockey au Canada : un fondement de notre culture?

Il me semble que, depuis quelques semaines, les sports occupent une place plus importante dans mon quotidien. Certes, le fait que le début de la Coupe du monde coïncide avec la fin des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey, explique un peu cette constatation.
C’est justement en regardant ces deux beaux sports en parallèle que j’ai constaté que, malgré l’opposition de plusieurs, le hockey (sur glace, bien sûr) est bien ancré dans la culture canadienne. Oui, je veux bien dire la « Culture », comme dans « les Arts et la Culture ».
Comme je l’ai déjà écris, j’ai bien de bons amis, dont certains qui oeuvrent dans le domaine des arts et de la culture, qui ne seront jamais d’accord avec moi. Il y a bien d’autres gens que j’ai croisés qui s’opposent à cette corrélation avec véhémence. Ces même bonnes gens, par contre, seront d’accord que le foot est un élément important de la culture de plusieurs pays, soit en Amérique du Sud ou en Europe. C’est un fait indéniable.
À mon avis, en tenant compte du contexte culturel, le hockey est au Canada ce que le soccer est au Brésil. Je dis bien « en tenant compte du contexte culturel ». C’est-à-dire que je comprends très bien que les Brésiliens prennent le foot bien plus au sérieux que les Canadiens le font pour le hockey. Cependant, le hockey est de loin le sport qui rassemble le plus de gens au Canada.
Je n’ai pas de données empiriques pour appuyer mes propos, mais plutôt des exemples anecdotiques assez significatifs. Lors des séries éliminatoires, il est immanquable qu’un bon nombre de mes amis, de mes collègues et des membres de ma famille, qui ne sont pas des amateurs de hockey, commencent soudainement à me parler des matchs. Ils ont bien des commentaires et, surtout, bien des questions. Le même phénomène se produit lors des Jeux olympiques.
Il y a une superbe photo chez mes parents dans laquelle on aperçoit la famille en train d’applaudir un but de l’équipe masculine du Canada lors de leur victoire sur les Américains en 2002. La moitié des gens dans cette photo ne regarde normalement pas le hockey, mais l’événement rassembleur d’un tournoi international dans lequel son pays a une bonne chance de gagner est un élément très persuasif. Ce n’est pas très différent, en fin de compte, de la réaction de beaucoup de « partisans » de foot lors de la Coupe du monde.
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mercredi, 29 mars 2006
iPod : Un phénomène culturel
Le titre de cette note n’indique pas que je viens de découvrir que le iPod est un phénomène culturel, mais plutôt une constatation que, dans notre coin du monde, le iPod est devenu un phénomène de marketing et de « branding » sans pareil.
Aujourd’hui, dans La Presse, Nadielle Kutlu nous en a mis plein la vue en exposant les accessoires les plus « particuliers » pour iPod. Comme vous pourrez le constater, il y en a pour tous les goûts. Voici mes préférés :
TuneBuckle : J’imagine que même les cow-boys de Brokeback Mountain ont besoin d’écouter de la musique (préférablement Hawksley Workman ou les Scissor Sisters).
iPop My Baby : C’est un peu quétaine de vouloir « marquer » son enfant de la façon, mais je ne peux m’arrêter de trouver ça cute.
BlackCoat Work : Un manteau dans lequel des boutons intégrés à la veste permettent de contrôler le iPod. Ça, c’est high tech.
Et, pour les gens plus osés…
iBoxer : la compagnie Play Underwear nous présente son caleçon dernier cri, dans lequel une poche a été spécialement conçue pour y insérer son iPod.

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dimanche, 19 février 2006
Notre système de santé...est-il en santé?

Parmis toutes les réactions, c’est celles du chroniqueur de La Presse, Yves Boisvert, qui m’a sauté aux yeux. Ce chroniqueur, qui est un des meilleurs, nous en met plein la vue en nous étalant, de façon très simple, ce qui nous attend dans un futur assez reproché. Je le cite :
« Examinions quelques données rapidement. Seulement entre 2001 et 2009, le nombre de personnes de 65 ans et plus aura augmenté de 20 %. Dans cette même petite décennie, le nombre de personnes de… 45 %. Il ne faut pas seulement soigner ces gens-là, il faut les héberger.
La population vieillit, les techniques d’intervention sont plus nombreuses et parfois plus coûteuses, les médicaments aussi. Le budget de la Santé représentait 32 % des dépenses de programme du gouvernement du Québec en 1985. C’était 43 % l’an dernier. Au rythme où vont les choses (+5,1 % en moyenne, prévoit-on, certains disent davantage), elles dépasseront les 50 % dans moins de 10 ans, les deux tiers dans 25 ans. Il faudra encore faire des routes, éduquer les enfants, faire la police et du cinéma avec le reste…
En ce moment, il y a cinq travailleurs par personne de 65 ans et plus. Dans 25 ans, il y en aura…deux.
Ajoutons à cela, au Québec, une dette record au Canada, le plus haut taux d’imposition, une richesse sous la moyenne canadienne. »
Ce sont des chiffres qui me font frissonner. Il faut se poser la question : est-ce que notre système de santé est malade à ce point?
23:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 13 février 2006
La banlieue et le snobisme des citadins

Un article intéressant d’Andrew Potter dans le Ottawa Citizen sur comment les citadins s’en prennent à la banlieue (et parfois aux banlieusards) par pur snobisme plutôt que parce qu’ils sont inquiets pour la planète.
Comme il l’écrit, les gens ont commencés à se diriger vers la banlieue dès la naissance de la ville. La banlieue n’est pas, comme l’affirment plusieurs, le résultat d’un complot entre les fabricants d’auto à Detroit et les grands producteurs de pétrole.
Malgré ce qu’écrit Potter et le fait que j’habite en banlieue, je suis toujours de l’avis que nous devons repenser l’urbanisme et tenter de créer des espaces plus adaptés aux piétons, aux vélos et au transport en commun.
Comme l’explique bien un prof d’urbanisme cité dans l’article : « If we're going to have a serious public debate about the environmental problems we actually face and what steps we might take to deal with them, we first need to get past the agonized vanities of status-obsessed urbanists. »
À lire : Le blogue d'Andrew Potter
23:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 08 février 2006
Au vol...
Je ne prétends pas être l’homme le plus original au monde alors je me permets de piquer une note de Julie. Une note, d’ailleurs, qu’elle a piqué de son ami Thierry. C’est, au fond, un peu le but de la blogosphère…
Tous les discours qui tournent autour des fameuses caricatures et qui relancent le débat sur la responsabilité de la presse et la liberté d’expression me font beaucoup réfléchir. La note de Julie ne fait que d’ajouter à cette réflexion.
Faites l’expérience suivante pour avoir un goût de ce qui est vraiment la censure :
Google avec la liberté d'expression (version .com)
Google avec la censure chinoise (version. cn)
C’est quand même frappant.
21:13 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 06 décembre 2005
Une société jetable...suite
Il y en a plusieurs d’entre nous qui avons l’impression que le temps avance trop vite. Est-ce que nous sommes déjà au mois de décembre ? Est-ce que Noël est vraiment dans un peu plus de trois semaines ? Je dois me presser à finir (ou même commencer) mon magasinage de Noël ! Il y a deux semaines, j’ai lu sur le blogue de Richard Martineau, journaliste à l’hebdomadaire Voir, une note qui me fait songer depuis. Dans sa note en question, l’auteur fait un lien très intéressant entre l’évolution de l’homme, de ses besoins et des développements technologiques. En se basant en partie sur les écrits de Joel Garreau, un journaliste scientifique, il montre comment, si la tendance se poursuit, « le rythme du progrès doublera à tous les deux ans. Il se passera probablement plus de choses entre 2005 et 2010 qu'entre 1750 et 1975. »
Évidemment, ce rythme effréné a un effet sur le développement des nouvelles technologies et celles-ci ont, à leur tour, un effet sur notre environnement. Il va sans dire que beaucoup des inventions des dernières décennies ont changé nos vies pour le mieux, surtout dans le domaine de la médecine. Cependant, il faut admettre qu’il y a des effets plus négatifs liés à ce que plusieurs appelleraient le « progrès ».
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samedi, 03 décembre 2005
Une société jetable
Une excellente réflexion sur le Blogue de Martineau sur le lien entre l’évolution de plus en plus rapide des humains et la société moderne. En voici un extrait :
L'ordinateur que vous possédez actuellement sera obsolète dans un ou deux ans.
Pensez à ça deux minutes (non, vous n'avez pas le temps - pensez à ça deux secondes). Ça donne carrément le vertige.
Nous sommes à bord d'un bolide qui va de plus en plus vite.
Vous éprouvez des problèmes avec votre téléphone cellulaire? Jetez-le aux poubelles, et achetez-en un autre: de toute façon, votre modèle n'est probablement plus disponible sur le marché. Les nouveaux portables sont plus rapides, plus performants, ils prennent des photos, téléchargent des pièces musicales, captent la télé, enregistrent des conversations.
J’en aurai plus à dire sur le sujet dans les prochains jours, mais il vaut la peine de lire le texte de Martineau ici.
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jeudi, 03 novembre 2005
L’exode des cerveaux ?
J’ai toujours été un peu sceptique en lisant les maintes études qui traitent du fameux « exode » des cerveaux canadiens. Très souvent, les études concluent que le Canada perd un trop grand nombre de ses jeunes citoyens bien éduqués, souvent aux États-Unis. Au début de cette semaine, par contre, les résultat d’une étude mener par la Banque mondiale traite de la question de l’exode des cerveaux à l’échelle mondiale et non seulement à l’échelle nationale.
Voici un extrait de l’article (qui n’est disponible qu’aux abonnés du Globe & Mail) :
“And Canada thought it had a brain drain? Eight of every 10 Haitians and Jamaicans with college or university degrees live outside the country of their birth, the World Bank says in a new report. In five African countries, more than 50 per cent of skilled workers have left. (The figures aren't precise; they include those who emigrated as children and went on to university in their new homeland.) Now that's a brain drain.”
À quel point sommes nous les gagnants de cet exode à l’échelle mondiale?
“Canada has no overall brain drain. Its net gain of those with postsecondary education was 2.25 million people in 2000, up from 1.5 million 10 years earlier, the World Bank says.”
L’article est particulièrement intéressant parce que la Banque mondiale affirme que des pays développés, comme le Canada, attirent les intellectuels de plusieurs pays moins développés, ce qui a des conséquences négatives sur les sociétés plus pauvres. Cette affirmation est, à mon avis, très bien réfutée par deux chercheurs nord-américains qui répondent avec la déclaration suivante :
“Educated people do not rush to leave prosperous, safe democracies in which their skills can be put to work. The loss of talent, say Professors McHale and Kapur, is a wake-up call to poorer countries. The West's obligation is to help those countries build the infrastructure they need to prosper.”
J’aime bien cette réflexion.
Si vous n’avez pas accès au site du Globe & Mail, vous pouvez télécharger une copie de l’article ici.
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