lundi, 09 octobre 2006

Le climat politique se réchauffe

medium_Fingers.jpgPour ceux, comme moi, qui s’intéressent à la politique, les dernières semaines ont été très intéressantes, tant au niveau provincial qu’au niveau fédéral.

 

D’abord, il y a eu les élections au Nouveau-Brunswick qui ont donné naissance à un nouveau gouvernement. Dans une lutte très serrée, les libéraux de Shawn Graham l’ont emporté sur les conservateurs de Bernard Lord. Malgré la piètre performance du gouvernement Lord au fil des dernières années, je n’étais pas convaincu que Shawn Graham réussirait à gagner la confiance de l’électorat néo-brunswickois. Il a réussi et il a déjà commencé à livrer sur ses promesses électorales. On verra bien si l’électorat a fait un bon choix ou non.

 

Après avoir suivi cette course, je me demande bien si nous allons en avoir deux autres à surveiller dans les six prochains six. Si l’on se fie aux fameuses feuilles de thé, il est très probable que les Québécois se retrouveront aux urnes avant la période des Fêtes et que l’ensemble du Canada emboîte le pas au printemps prochain. Si ma boule de cristal n’est pas défectueuse, les Canadiens se rendront aux urnes pour la troisième fois en trois ans. C’est quand même incroyable ! Le pire, c’est qu’il se peut très bien que le résultat soit un autre gouvernement minoritaire.

 

Lire la suite...

lundi, 25 septembre 2006

Les 13 solitudes

medium_TwoSolitudes.gif

La semaine dernière a été une semaine moche pour l’unité canadienne. Après deux déclarations controversées à une semaine d’intervalle, les fédéralistes qui prônent l’unité canadienne se sont fait jouer dans le dos par deux des leurs, et les souverainistes québécois viennent d’ajouter deux nouvelles armes à leur arsenal.

 

La semaine a commencé avec « l’affaire Wong » qui, semble-t-il, n’a pas défrayé la chronique dans le reste du Canada comme ce fut le cas au Québec. Ici, nous avons senti de près l’indignation de la population québécoise en réaction aux propos magistralement cons de la chroniqueuse du Globe and Mail.

 

Cette dernière, dans sa chronique du samedi 16 septembre, a tenté d’établir un lien entre les trois fusillades qui ont eu lieu dans des établissements d’enseignement montréalais. Dans un texte d’une absurdité digne d’Ionesco, elle nous raconte que ce qui a servi de motivation pour les trois tueurs (Lépine, Fabrikant et Gill) est le fait qu’ils ne soient pas des Québécois « pure laine » et que « tous les trois avaient été marginalisés dans une société qui prise la "pure laine"».

 

Lire la suite... 

lundi, 11 septembre 2006

Le retour des Chroniques (Non, pas celles de Narnia)

medium_Langue_de_bois.gifAprès une période d’hibernation estivale, les Chroniques du Monde sur Capacadie.com sont de retour. Cette semaine, je tente de décortiquer la langue de bois des deux principaux candidats aux élections provinciales du Nouveau-Brunswick. La tâche n’a pas été facile.

 

Voici un extrait de ma chronique :

 

Sur le fond, il n’y a pas eu de véritable gagnant. En effet, sur la plupart des questions qui ont été traitées, il faut parfois se fier aux les couleurs dans l’arrière-plan afin de faire la part des choses. Sur un grand nombre d’enjeux, les promesses des deux grands partis se ressemblent énormément. Il y a bien sûr des nuances et des divergences, mais il faut souvent être bien aguerri dans la matière pour les « pogner ».

 

Dans le domaine de la santé, les deux veulent assurer les services aux aînés, aux francophones et aux gens dans les milieux ruraux. Pas vraiment de surprise. La même chose pour le dossier de l’énergie. Les deux partis veulent réduire la taxe provinciale sur l’essence et faire la promotion de l’utilisation de l’énergie « verte ». Il y a eu une courte prise de bec sur le sujet du fiasco de l’orimulsion, mais sans aucun aboutissement.

 

Le texte en entier se trouve ici et le vidéo au complet du « débat » se trouve sur le site Internet de Radio-Canada.

 

J’aimerais bien avoir des commentaires d’autres gens qui ont réussi à regarder le débat du début à la fin.

lundi, 05 juin 2006

Après la cigarette, l’auto?

medium_no_cars.jpgMercredi dernier, la nouvelle loi antitabac est entrée en vigueur au Québec. La cigarette est maintenant interdite dans tous les lieux publics, y compris les bars, les cafés et les restaurants. Il faut dire, que, lorsque des lois semblables sont passées à Toronto, Vancouver et Moncton, je me suis dit que les Québécois n’accepteraient jamais de se séparer de leurs cendriers.


Malgré le fait que quelques groupes de pression ont tenté de faire dérailler le processus d’implantation de cette loi, elle a été relativement bien reçue par les citoyens. L’opposition est venue, principalement, des propriétaires de bars et de restaurants qui craignent toujours l’exode de leur clientèle. Cela, malgré l’expérience des autres régions qui nous montre que les clients ne vont pas, finalement, s’embarrer dans leur maison jusqu’à la fin de leurs jours.


La réaction, généralement positive, de la population québécoise m’a porté à réfléchir sur la raison qui explique comment une interdiction qui aurait, jadis, été complètement inacceptable, est si bien accueillie aujourd’hui. J’ai trouvé la réponse à ma question dans une chronique d’Yves Boisvert dans les pages de La Presse. La réaction s’explique, en partie, par le présumé virage santé des Canadiens au fil des vingt dernières années.


Pour moi, le clou de la chronique de Boisvert est la phrase suivante : « Les fumeurs se voient maintenant non pas comme des consommateurs qui exercent leur liberté de fumer, mais comme des pollueurs, des menaces à leur propre santé et à la santé des autres. » J’oserais ajouter que, dans la plupart des cas, la question n’est pas tant comment se voient les fumeurs, mais plutôt comment ceux-ci sont perçus par les autres.


Dans les journaux de cette semaine, nous avons eu l’occasion de lire les réactions de monsieur et de madame tout-le-monde. Il y avait de bonnes réactions (« Ça ne nuira à personne et ça va nous donner plus de souffle pour faire l'amour. ») et de moins bonnes réactions (« C'est de la câlisse de bullshit! »). Il y a deux ou trois citoyens, par contre, qui ont posé des questions plus réfléchies sur la direction dans laquelle notre société se dirigeait. Dans quelques lettres, des gens ont mentionné que notre société était devenue trop « vertueuse » et que la suppression des vices n’était pas nécessairement une bonne chose. Un citoyen en particulier s’est demandé si les pressions sociales qui ont mené à l’interdiction du tabac vont bientôt donner naissance à d’autres lois qui limiteront alors la consommation d’alcool, de malbouffe et la pratique de sports extrêmes.


J'ai eu deux réactions à ces propos. D’abord, je me suis dit que la réponse doit être « non » car les « vices » mentionnés ne sont une menace que pour l’individu et non la collectivité. Deuxièmement, je me suis demandé quel serait le prochain « vice » qui se trouverait dans la mire de la population. La réponse : l’automobile. Le phénomène est, d’ailleurs, déjà bien entamé, surtout dans les régions urbaines du Canada.


Il est clair que, comme le dit Boisvert au sujet des fumeurs, les automobilistes ne sont plus que des consommateurs, mais des pollueurs qui menacent la santé des autres. Il y a déjà de nombreux mouvements anti-auto qui veulent « reprendre possession » des routes pour décongestionner les villes et pour faire davantage de place aux piétons et aux cyclistes. À Montréal, il y a « l’attitude plateau ». C’est une attitude présente chez plusieurs (pas tous) des résidents du quartier le plus branché de la ville. Ces derniers démontrent un dédain pour la voiture et n’hésitent pas à lancer, sérieusement, des commentaires tels « je ne comprends pas pourquoi les gens ont le droit d’avoir une automobile en ville ». Leur dédain pour les automobiles n’est surpassé que par leur dédain pour la banlieue.


On doit se poser la question : est-ce que dans 5 ou 10 ans, les automobilistes dans les milieux urbains deviendront comme les fumeurs dans les lieux publics : persona non grata ?

mercredi, 31 mai 2006

Deux chroniques pour le prix d'une

medium_busy.2.gif

Désolé pour l'absence prolongée. Comme le dirait Martin, je ne suis pas mort. Très occupé, mais toujours vivant.

 

En attendant la renaissance des Vidanges du diable, voici, pour le plaisir de tous et toutes, mes deux dernières chroniques publiées sur CapAcadie :

 

Olivier : Un an après

Le 31 mai 2005, les lecteurs de la Chronique du monde ont appris la nouvelle de la naissance de mon fils, Olivier. Dimanche dernier, nous avons fêté le premier anniversaire de sa naissance. Comme le temps passe vite !

 

Il y a un an, je n’avais aucune idée de la joie que j’allais ressentir chaque jour, chaque instant que je passe avec mon fils. Oui, il y a eu des nuits difficiles (parfois blanches), un peu de maladie (autant les parents que l’enfant) et, par moments, les parents ont été complètement épuisés. Mais ça, franchement, ce sont les choses auxquelles je m’attendais. Ce sont les choses qui font partie de la vie de tous les nouveaux parents.

 

Les gens qui attendent leur premier bébé entendent souvent les mêmes histoires de nuits blanches, de coliques et de crises. Sans oublier tous les commentaires pas tellement subtils sur le manque d’intimité des parents. J’aimeraisraconter d’autres histoires.

 

Lire la suite...

 

Chronique prolongation

Comme le veut la tradition (ou plutôt ma tradition), le printemps est le temps des séries éliminatoires de la LNH et, bien entendu, les matchs qui excèdent la longueur normale de soixante minutes. C’est le cas ce soir et j’ai bien profité des entractes pour faire des lectures intéressantes.

 

Un des sujets d’actualité qui m’intéresse et qui défraye la chronique dernièrement est celui de la grande réticence de l’Alberta à faire partie du Programme de péréquation du Canada. J’ai bien lu que notre cher Ralph Klein agace le gouvernement de son ami Stephen Harper en menaçant de ne plus contribuer au programme si la formule de calcul tient compte des revenus du pétrole.

 

Lors de mes lectures d’entracte, j’ai découvert deux choses. D’abord, j’ai appris que ce sont les premiers ministres des provinces maritimes qui semblent être les plus fâchés à la suite de la déclaration de Klein. Bernard Lord, pour sa part, n’a pas hésité à se prononcer publiquement en affirmant que le gouvernement fédéral doit absolument tenir compte des revenus pétroliers dans le calcul de la péréquation.

 

Lire la suite... 

lundi, 15 mai 2006

« L’orthographe est plus qu’une mauvaise habitude, c’est une vanité »

La citation dans le titre est du poète et romancier Raymond Quenau et m’est venue à l’esprit en lisant la chronique de Carol Doucet la semaine dernière. C’est dans cette chronique que j’ai appris que la langue française se modernisait.

 

Pour beaucoup, c’est une merveilleuse nouvelle. Pour d’autres, les « puristes », c’est sans doute une indication que la langue se détériore. Il faut dire que, peu importe de quel côté on se trouve, il n’est pas habituel de voir une institution aussi rigide et archaïque que l’Académie française faire un pas vers la modernisation.


En France, il n’est pas surprenant de constater que les propositions de modernisation de l’orthographe ont soulevé l’ire de plusieurs francophiles qui s’attachent à la tradition. Dans la revue belge Le Soir, Hector Bianciotti n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en affirmant que réformer l’orthographe, « c’est ouvrir la porte à tous les dérèglements, encourager le vandalisme, acheminer la langue vers sa dissolution – d’où ne peut que s’ensuivre la progressive dissolution de la culture tout entière ».


Lire la suite...


lundi, 01 mai 2006

Réécrire l’histoire : le cas du Québec

medium_plaines.jpgLe gouvernement Charest, qui continue de perdre la confiance des Québécois et des Québécoises, s’est encore embourbé dans une autre controverse. Après le fiasco du financement des écoles privées juives, la querelle avec les étudiants au sujet des prêts et bourses pour les études postsecondaires et, maintenant, le saga du Mont Orford, le gouvernement tente de minimiser la colère de plusieurs citoyens après que Le Devoir ait levé le voile sur les nouveaux cours d’histoire épurés au secondaire pour l’année scolaire 2007-2008.

 

Selon l’article d’Antoine Robitaille dans l’édition du 27 avril, « Le nouveau cours d’histoire du Canada et du Québec au secondaire, qui doit entrer en vigueur en 2007-08, fera peu mention de la Nouvelle-France ou des Patriotes et passera sous silence des épisodes comme l’acte d’Union de 1840, la conscription forcée de 1917 ou le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982. »

 

Lire la suite...

mardi, 18 avril 2006

Nous sommes 941 560

medium_francos_hq.jpgEn guise de respect envers le vieux dicton « jamais deux sans trois », me voilà que je présente une troisième chronique sur la question de la dualité linguistique dans le contexte canadien (voir chronique 1 et chronique 2). Je n’avais pas prévu une trilogie de chroniques sur le sujet, mais je continue à avoir des expériences et de lire des textes qui me font réfléchir.

 

Une des expériences que je continue de vivre régulièrement depuis mon arrivée au Québec est que les Québécois francophones pensent que je suis anglophone. Encore la semaine dernière, un homme avec qui je prends l’autobus depuis deux ans et avec qui je cause presque tous les jours me demande comment « nous », les anglophones, prononçons un tel mot. Quand je lui dis que je suis francophone, il est surpris, même s’il sait depuis longtemps que je suis originaire du Nouveau-Brunswick.

 

Normalement, quand cela m’arrive, et ça m’arrive assez souvent (comme l’admettrons la plupart des Acadiens qui vivent au Québec), je demande aux gens de m’expliquer pourquoi ils ou elles pensent que je suis anglophone. La réponse est presque toujours liée à mon accent, ce même accent qui est pourtant très bien connu par les milliers de Québécois qui envahissent ma ville natale de Shédiac chaque été. L’autre raison fréquemment citée est mon aisance dans la langue de Shakespeare. Il est vrai que je suis à l’aise en anglais, mais cela ne me rend pas moins francophone.

 

Lire la suite...

lundi, 10 avril 2006

Le français au Canada : une réflexion après coup

medium_ignatieff_edmonton.jpg
Suite de l'affaire Ignatieff...

 

Depuis ma réaction initiale, j’ai pris un peu de recul pour mieux cerner le problème dans son contexte plus large. Cette réflexion m’a permis de constater que le problème est bien plus grave qu’un simple lapsus de la part d’un webmestre ou même d’un directeur de campagne. À s’en tenir au nombre flagrant d’exemples de ce genre, on ne peut faire autrement que conclure que, bien souvent, on pense au français après coup. La preuve est dans la réaction du clan Ignatieff à la nouvelle que la qualité du français sur le site Web d’un homme qui désire devenir premier ministre du Canada est presque illisible.

 

Le site a finalement été « corrigée » dimanche et, dans les textes qui sont rédigés en français, la qualité est meilleure. Malheureusement, il y a encore plein de textes en anglais dans la section destinée aux francophones. Par exemple, tous les liens dans la section « actualités » mènent à des articles publiés dans les médias anglophones. Pourtant, le résultat d’une simple recherche sur Google nous donne plus de 70 articles sur le fait que Michael Ignatieff fait le saut dans la course à la chefferie du Parti libéral.

 

De plus, les deux premiers textes de la section vedette de la page d’accueil, « À livre ouvert », sont rédigés entièrement en anglais. Dans l’un d’entre eux, un compte rendu de la journée de vendredi par le directeur national des opérations de la campagne, on apprend que la journée à été difficile pour lui parce que, entre autres, « [the] French translation is imperfect. »

 

Imperfect ? Voyons donc. Il n’y a personne qui demande la perfection. Les gens ne veulent qu’un texte soit lisible, ni plus ni moins. Ce n’est pas trop, quand même.

 

Pour un type comme Ignatieff, par contre, la « traduction » de son site ne devrait pas être une… traduction! Les textes de la partie française de son site devraient être rédigés et non traduits. Celui qui est vu par plusieurs comme le successeur de Pierre Elliott Trudeau a prononcé un discours vendredi dernier dans lequel il a fait la déclaration suivante : « Il faut remonter la pente au Québec. Nous sommes à 12 % chez les francophones au Québec. Ça c’est une catastrophe pour un parti qui a été fondé par Wilfrid Laurier. (vidéo) »

 

Effectivement, c’est une catastrophe, mais il ne réussira pas à faire une percée chez les québécois et les autres Canadiens français s’il ne fait pas preuve d’un plus grand respect envers la langue française et les francophones.

 

Lire la chronique en entier...

mardi, 21 mars 2006

Le retour des deux solitudes ?

medium_can-qc.jpgMalgré la grandiose déclaration de Michaëlle Jean (« Il est fini le temps des deux solitudes »), je n’ai pas l’impression que la lutte pour le rapprochement des deux cultures fondatrices s’en va dans la bonne direction.

 

Depuis l’élection des Conservateurs à la tête du gouvernement, beaucoup de gens ont manifesté leur crainte en ce qui concerne la survie des francophones en milieu minoritaire. Contrairement aux nombreux militants qui se portent à la défense de notre langue, je n’ai pas eu l’instinct, du moins publiquement, de tirer la sonnette d’alarme. Je ne le ferai pas aujourd’hui, mais disons que ma main se rapproche du bouton rouge.

 

Je suis, de nature, un type assez optimiste, ce qui fait que j’ai tendance à stocker de l’information plutôt que de réagir de façon instantanée à certaines nouvelles plus négatives. J’ai eu l’impression, assez tôt après l’élection du nouveau gouvernement, que les droits des francophones en milieu minoritaire risquaient d’être menacés.

 

Lire la suite...

Toutes les notes