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vendredi, 23 juin 2006
Le hockey au Canada : un fondement de notre culture?

Il me semble que, depuis quelques semaines, les sports occupent une place plus importante dans mon quotidien. Certes, le fait que le début de la Coupe du monde coïncide avec la fin des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey, explique un peu cette constatation.
C’est justement en regardant ces deux beaux sports en parallèle que j’ai constaté que, malgré l’opposition de plusieurs, le hockey (sur glace, bien sûr) est bien ancré dans la culture canadienne. Oui, je veux bien dire la « Culture », comme dans « les Arts et la Culture ».
Comme je l’ai déjà écris, j’ai bien de bons amis, dont certains qui oeuvrent dans le domaine des arts et de la culture, qui ne seront jamais d’accord avec moi. Il y a bien d’autres gens que j’ai croisés qui s’opposent à cette corrélation avec véhémence. Ces même bonnes gens, par contre, seront d’accord que le foot est un élément important de la culture de plusieurs pays, soit en Amérique du Sud ou en Europe. C’est un fait indéniable.
À mon avis, en tenant compte du contexte culturel, le hockey est au Canada ce que le soccer est au Brésil. Je dis bien « en tenant compte du contexte culturel ». C’est-à-dire que je comprends très bien que les Brésiliens prennent le foot bien plus au sérieux que les Canadiens le font pour le hockey. Cependant, le hockey est de loin le sport qui rassemble le plus de gens au Canada.
Je n’ai pas de données empiriques pour appuyer mes propos, mais plutôt des exemples anecdotiques assez significatifs. Lors des séries éliminatoires, il est immanquable qu’un bon nombre de mes amis, de mes collègues et des membres de ma famille, qui ne sont pas des amateurs de hockey, commencent soudainement à me parler des matchs. Ils ont bien des commentaires et, surtout, bien des questions. Le même phénomène se produit lors des Jeux olympiques.
Il y a une superbe photo chez mes parents dans laquelle on aperçoit la famille en train d’applaudir un but de l’équipe masculine du Canada lors de leur victoire sur les Américains en 2002. La moitié des gens dans cette photo ne regarde normalement pas le hockey, mais l’événement rassembleur d’un tournoi international dans lequel son pays a une bonne chance de gagner est un élément très persuasif. Ce n’est pas très différent, en fin de compte, de la réaction de beaucoup de « partisans » de foot lors de la Coupe du monde.
15:15 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 15 juin 2006
Ça roule!

Une autre période très occupé, tant au bureau qu'à la maison, et les séries éliminatoires de la LNH sont toujours aussi palpitantes. Il ne faut pas oublié, non plus, le Mondial du soccer qui se déroule en Allemagne. Le résultat : peu de temps à consacrer à cet espace.
J'arrive d'une conférence à Vancouver et j'ai constaté deux choses :
- Vancouver est la plus belle ville du Canada
- Je ne veux plus prendre de vols Air Canada
La ville de Vancouver, en grande partie, est tellement propre et bien entretenue, qu'on a souvent l'impression d'être à Disneyworld. C'est presque féérique. J'ai eu, par contre, l'occasion de visiter, pour la première fois, le "Downtown East Side", l'une des régions les plus pauvres et dangereuse du pays. C'est un contraste ahurissant.
J'ai déjà roulé dans des quartiers pauvres avant cette semaine, mais j'ai jamais vu un quartier si pauvre qui n'est qu'à quelques mètres d'un quartier riche et branché rempli de bijoutiers (Cartier) et d'Hôtels de premier plan.
En ce qui concerne ma deuxième observation, elle est inspiré de la qualité mon vol de retour (Vancouver - Montréal) sur WesJet. L'espérience WestJet a été tellement plaisante que, comme l'a écrit Jeffrey Simpson du Globe and Mail, je vais tenter d'éviter Air Canada pour mes futurs voyages (si possible).
Comme Simpson, je n'ai rien contre les employés d'Air Canada (qui font leur possible), mais c'est plutôt l'attitude des dirigeants corporatifs qui me pose des problèmes. Pour ces derniers, on a vraiement l'impression que les clients sont tout simplement des pairs de fesses dans les sièges et il n'y a aucun intérêt de la part de la direction pour offrir un service de qualité. On offre le moins possible, sans avoir les meilleurs prix. C'est, à mon avis, une strtégie d'affaire qui est vouée à l'échec.
Il y a plusieurs bonnes raisons pour choisir WestJet (meilleur service, plus d'espace,...), mais la meilleure est le fait d'avoir sa propre télé avec 25 postes "live". J'ai regardé 2 matchs de la Coupe du Monde entre Vancouver et Montréal!
Viva!
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lundi, 05 juin 2006
Après la cigarette, l’auto?
Mercredi dernier, la nouvelle loi antitabac est entrée en vigueur au Québec. La cigarette est maintenant interdite dans tous les lieux publics, y compris les bars, les cafés et les restaurants. Il faut dire, que, lorsque des lois semblables sont passées à Toronto, Vancouver et Moncton, je me suis dit que les Québécois n’accepteraient jamais de se séparer de leurs cendriers.
Malgré le fait que quelques groupes de pression ont tenté de faire dérailler le processus d’implantation de cette loi, elle a été relativement bien reçue par les citoyens. L’opposition est venue, principalement, des propriétaires de bars et de restaurants qui craignent toujours l’exode de leur clientèle. Cela, malgré l’expérience des autres régions qui nous montre que les clients ne vont pas, finalement, s’embarrer dans leur maison jusqu’à la fin de leurs jours.
La réaction, généralement positive, de la population québécoise m’a porté à réfléchir sur la raison qui explique comment une interdiction qui aurait, jadis, été complètement inacceptable, est si bien accueillie aujourd’hui. J’ai trouvé la réponse à ma question dans une chronique d’Yves Boisvert dans les pages de La Presse. La réaction s’explique, en partie, par le présumé virage santé des Canadiens au fil des vingt dernières années.
Pour moi, le clou de la chronique de Boisvert est la phrase suivante : « Les fumeurs se voient maintenant non pas comme des consommateurs qui exercent leur liberté de fumer, mais comme des pollueurs, des menaces à leur propre santé et à la santé des autres. » J’oserais ajouter que, dans la plupart des cas, la question n’est pas tant comment se voient les fumeurs, mais plutôt comment ceux-ci sont perçus par les autres.
Dans les journaux de cette semaine, nous avons eu l’occasion de lire les réactions de monsieur et de madame tout-le-monde. Il y avait de bonnes réactions (« Ça ne nuira à personne et ça va nous donner plus de souffle pour faire l'amour. ») et de moins bonnes réactions (« C'est de la câlisse de bullshit! »). Il y a deux ou trois citoyens, par contre, qui ont posé des questions plus réfléchies sur la direction dans laquelle notre société se dirigeait. Dans quelques lettres, des gens ont mentionné que notre société était devenue trop « vertueuse » et que la suppression des vices n’était pas nécessairement une bonne chose. Un citoyen en particulier s’est demandé si les pressions sociales qui ont mené à l’interdiction du tabac vont bientôt donner naissance à d’autres lois qui limiteront alors la consommation d’alcool, de malbouffe et la pratique de sports extrêmes.
J'ai eu deux réactions à ces propos. D’abord, je me suis dit que la réponse doit être « non » car les « vices » mentionnés ne sont une menace que pour l’individu et non la collectivité. Deuxièmement, je me suis demandé quel serait le prochain « vice » qui se trouverait dans la mire de la population. La réponse : l’automobile. Le phénomène est, d’ailleurs, déjà bien entamé, surtout dans les régions urbaines du Canada.
Il est clair que, comme le dit Boisvert au sujet des fumeurs, les automobilistes ne sont plus que des consommateurs, mais des pollueurs qui menacent la santé des autres. Il y a déjà de nombreux mouvements anti-auto qui veulent « reprendre possession » des routes pour décongestionner les villes et pour faire davantage de place aux piétons et aux cyclistes. À Montréal, il y a « l’attitude plateau ». C’est une attitude présente chez plusieurs (pas tous) des résidents du quartier le plus branché de la ville. Ces derniers démontrent un dédain pour la voiture et n’hésitent pas à lancer, sérieusement, des commentaires tels « je ne comprends pas pourquoi les gens ont le droit d’avoir une automobile en ville ». Leur dédain pour les automobiles n’est surpassé que par leur dédain pour la banlieue.
On doit se poser la question : est-ce que dans 5 ou 10 ans, les automobilistes dans les milieux urbains deviendront comme les fumeurs dans les lieux publics : persona non grata ?
23:05 Publié dans Chronique du monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note




