samedi, 29 avril 2006
Le recensement des francophones
Au début du mois, j'écrivais au sujet d'un courriel anonyme dans lequel on encourage les francophones à indiquer, lors du recensement du 16 mai prochain, qu’ils parlent le français uniquement, afin d’éviter une diminution des services qui leur sont offerts. J'ai reçu ce message d'une amie et je lui ai répondu en lui demandant de ne plus circuler le message car le contenu était faux. Je lui aussi expliqué pourquoi.
Hier, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) à émit un communiqué de presse afin d'informer les francophone de l'existence de ce message et d'expliquer comment les recensements tiennent compte de la langue parlée et de la langue maternelle des citoyens canadiens. Le communiqué explique également qu'il « n’y a pas de lien direct entre la question sur la connaissance des langues officielles et l’accès aux services gouvernementaux en français ».
La FCFA explique aux citoyens « qu’il est essentiel que les personnes qui ont le français comme langue maternelle l’indiquent clairement, tout comme ceux et celles qui parlent le français à la maison, afin d’être comptabilisés comme francophones. Cependant, il n’y a aucun impact négatif à déclarer qu’on parle les deux langues officielles; au contraire, il s’agit d’un atout. »
Je suis pleinement d’accord avec cette déclaration. J'espère que les francophones prendront connaissance du contenu du communiqué et qu'ils répondront correctement et honnêtement lors du sondage du 16 mai.
16:01 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 23 avril 2006
André Boisclair : Nombriliste par excellence

Le 11 avril dernier, en réagissant aux propos de Michel Tremblay au sujet du projet de souveraineté québécoise, Bois clair a fait ces déclarations :
« … l'élément le plus déterminant à l'appui de la souveraineté est toujours le fait que les Québécois soient le seul peuple francophone en Amérique du Nord. »
et
« … la bataille pour la souveraineté n'aurait aucun sens si les Québécois n'étaient pas le seul peuple de langue française en Amérique du Nord. »
Pourtant, comme je l’ai écrit (dans un autre contexte) la semaine dernière, nous, les francophones hors-Québec, sommes 941 560.
Il n’y a très peu de mots pour décrire à quel point ces mots sont choquants. Plusieurs ont qualifiées ces propos comme étant « ignorants », mais André Boisclair n’ignore pas l’existence des peuples francophones hors-Québec, il refuse tout simplement de les reconnaître.
La Société nationale de l'Acadie (SNA) a demandé au chef du Parti québécois de « reconnaître » que les Acadiens sont un peuple. Elle devait le faire, mais je doute que M. Boisclair lui donne la réponse qu’elle désire. En reconnaissant que des peuples francophones existent et réussissent à s’épanouir serait une admission que cela est possible dans le contexte canadien actuel. Les souverainistes tentent, depuis des générations, de convaincre les Québécois du contraire.
Les déclarations de M. Boisclair ne sont pas ignorantes, elles sont démagogiques.
09:55 Publié dans Acadie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
samedi, 22 avril 2006
La fièvre

Certains ne comprennent pas encore à quel point le hockey est une véritable religion ici. Il faut dire que, pour ceux qui n’aiment pas le hockey, le printemps peut être pénible.
Dans La Presse de ce matin, le premier tiers de la page couverture était consacré au hockey et à la nouvelle coqueluche du Canadien de Montréal, Cristobal Huet. Dans la section des sports, les sept premières pages étaient consacrées à la série affrontant les Glorieux aux Hurricanes de la Caroline.
Aujourd’hui, par contre, c’est la caricature de Chapleau qui vole la vedette. Comme d’habitude, il est original et génial. Je n’ai pu trouver la caricature sur Internet, alors j’ai décidé de prendre une photo afin de la partager avec tout le monde.

23:25 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 18 avril 2006
Reprendre de bonnes habitudes

Bizarrement, depuis que je me suis installé à Montréal, une ville extrêmement riche en art et culture, j’ai complètement ignoré les arts visuels et je n’ai pas pris avantage du fait que j’habite dans une ville remplie de musées et de galeries.
Hier, j’ai enfin repris mes bonnes habitudes et je me suis pointé vers le Musée d’art contemporain de Montréal afin devoir l’exposition de l’artiste allemand, Anselm Kiefer. J’ai bien aimé mon retour dans les galeries et j’ai adoré l’exposition de Kiefer.
Malgré le fait que j’ai passé beaucoup de temps avec plusieurs artistes, je ne me considère pas comme un connaisseur. J’aime ce que j’aime pour des raisons purement personnelle, mais je peux rarement expliquer ou justifier pourquoi certaines œuvres me plaisent.
Les œuvres de Kiefer sont, d’abord, très imposantes. Premièrement, elle le sont parce qu’elles sont gigantesques, mais le ton des œuvres est également imposant. Beaucoup de ses œuvres évoquent la catastrophe et les destructions de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le climat dans l'Allemagne de l'après-guerre. Comme ses toiles sont souvent couvertes de sable, de suie, de laque et d’autres matériaux qui ajoutent un relief à ses œuvres. Le résultat est une série de toiles avec un ton terreux et des sculptures sombres.
Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de vous rendre au Musée d’art contemporain de Montréal pour voir cette exposition, je vous encourage fortement de le faire. Vous n’avez que douze jours avant la fin de la présentation.
21:55 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Nous sommes 941 560
En guise de respect envers le vieux dicton « jamais deux sans trois », me voilà que je présente une troisième chronique sur la question de la dualité linguistique dans le contexte canadien (voir chronique 1 et chronique 2). Je n’avais pas prévu une trilogie de chroniques sur le sujet, mais je continue à avoir des expériences et de lire des textes qui me font réfléchir.
Une des expériences que je continue de vivre régulièrement depuis mon arrivée au Québec est que les Québécois francophones pensent que je suis anglophone. Encore la semaine dernière, un homme avec qui je prends l’autobus depuis deux ans et avec qui je cause presque tous les jours me demande comment « nous », les anglophones, prononçons un tel mot. Quand je lui dis que je suis francophone, il est surpris, même s’il sait depuis longtemps que je suis originaire du Nouveau-Brunswick.
Normalement, quand cela m’arrive, et ça m’arrive assez souvent (comme l’admettrons la plupart des Acadiens qui vivent au Québec), je demande aux gens de m’expliquer pourquoi ils ou elles pensent que je suis anglophone. La réponse est presque toujours liée à mon accent, ce même accent qui est pourtant très bien connu par les milliers de Québécois qui envahissent ma ville natale de Shédiac chaque été. L’autre raison fréquemment citée est mon aisance dans la langue de Shakespeare. Il est vrai que je suis à l’aise en anglais, mais cela ne me rend pas moins francophone.
09:25 Publié dans Chronique du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 15 avril 2006
« Change is what this Speech from the Throne is truly about… »
Le titre est tiré d’une entrevue que Stephen Harper a accordée au National Post suite au discours du trône. Depuis que j’ai lu ce texte, il y a une dizaine de jours, je ne peux m’empêcher de penser que les changements auxquels il fait référence sont d’ordre climatiques.
Depuis le début de la session parlementaire, je ne cesse de lire des nouvelles assez troublantes au sujet des coupures de fonds destinés aux organismes et département vouées à la recherche sur la réduction des gaz à effet de serre et les changements climatiques.
Depuis l’élection du 23 janvier, plusieurs spécialistes du domaine ont spéculé sur l’avenir du financement des programmes environnementaux et sur la question du respect de l’accord de Kyoto par le Canada. La réponse est venue jeudi dernier quand le gouvernement fédéral annonce la fin de 15 programmes mis en place sous les libéraux pour combattre les gaz à effets de serre. Cela signal, officieusement, que le Canada ne s’engagera probablement pas à rencontrer les objectifs établit par l’accord de Kyoto.
Pour s’assurer que le message a bien été capté par la communauté scientifique (et pour perpétuer les comparaisons entre le gouvernement Harper et l’administration Bush), on apprend hier qu’un scientifique travaillant pour le ministère fédéral de l'Environnement a été muselé. Ce dernier devait donner une conférence, jeudi, à Ottawa, pour parler de son plus récent livre, intitulé « Hotter than Hell », mais il aurait reçu un courriel lui interdisant de participer à l’événement et de parler aux journalistes.
Effectivement, il commence à faire chaud…
23:06 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
La politique de par chez-nous
Michael Malley redevient un progressiste-conservateur. Ça, mes amis, c’est une vraie farce.
De croire qu’il y a des gens qui se demandent encore pourquoi les contribuables en ont marre des politiciens.
J’ai bien hâte de lire les commentaires de Julie sur ce sujet.
22:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 10 avril 2006
Le français au Canada : une réflexion après coup

Depuis ma réaction initiale, j’ai pris un peu de recul pour mieux cerner le problème dans son contexte plus large. Cette réflexion m’a permis de constater que le problème est bien plus grave qu’un simple lapsus de la part d’un webmestre ou même d’un directeur de campagne. À s’en tenir au nombre flagrant d’exemples de ce genre, on ne peut faire autrement que conclure que, bien souvent, on pense au français après coup. La preuve est dans la réaction du clan Ignatieff à la nouvelle que la qualité du français sur le site Web d’un homme qui désire devenir premier ministre du Canada est presque illisible.
Le site a finalement été « corrigée » dimanche et, dans les textes qui sont rédigés en français, la qualité est meilleure. Malheureusement, il y a encore plein de textes en anglais dans la section destinée aux francophones. Par exemple, tous les liens dans la section « actualités » mènent à des articles publiés dans les médias anglophones. Pourtant, le résultat d’une simple recherche sur Google nous donne plus de 70 articles sur le fait que Michael Ignatieff fait le saut dans la course à la chefferie du Parti libéral.
De plus, les deux premiers textes de la section vedette de la page d’accueil, « À livre ouvert », sont rédigés entièrement en anglais. Dans l’un d’entre eux, un compte rendu de la journée de vendredi par le directeur national des opérations de la campagne, on apprend que la journée à été difficile pour lui parce que, entre autres, « [the] French translation is imperfect. »
Imperfect ? Voyons donc. Il n’y a personne qui demande la perfection. Les gens ne veulent qu’un texte soit lisible, ni plus ni moins. Ce n’est pas trop, quand même.
Pour un type comme Ignatieff, par contre, la « traduction » de son site ne devrait pas être une… traduction! Les textes de la partie française de son site devraient être rédigés et non traduits. Celui qui est vu par plusieurs comme le successeur de Pierre Elliott Trudeau a prononcé un discours vendredi dernier dans lequel il a fait la déclaration suivante : « Il faut remonter la pente au Québec. Nous sommes à 12 % chez les francophones au Québec. Ça c’est une catastrophe pour un parti qui a été fondé par Wilfrid Laurier. (vidéo) »
Effectivement, c’est une catastrophe, mais il ne réussira pas à faire une percée chez les québécois et les autres Canadiens français s’il ne fait pas preuve d’un plus grand respect envers la langue française et les francophones.
22:35 Publié dans Chronique du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 08 avril 2006
Avis à mes amis francophones...
Est-ce qu’il y en a d’autres qui ont reçu ce message ou cette chaîne de courriels? Sinon, il y a de bonnes chances que ça vous arrive bientôt. Voici le message :
Avis à mes amis francophones...
Français seulement
Dans le prochain recensement (le mardi 16 mai 2006), il est important pour les francophones d'indiquer qu'ils parlent le français seulement. Bien que le fait d'être bilingue soit un atout pour les francophones dans la plupart des situations, celle-ci les désavantage. Lorsque les gens se disent bilingues lors du recensement, les gouvernements ont tendance à prendre pour acquis que les répondants sont 50 % francophones et 50 % anglophones.
Pour ne pas que les services offerts aux francophones diminuent, n'oubliez pas d'indiquer que vous parlez le français seulement!
Précision
Passez-vous le mot ...Ce n'est pas simplement qu'ils ont "tendance" à croire que la moitié des répondants sont bilingues mais plutôt que Statistiques Canada en conclut, de facto, que de tous les répondants, 50% des gens bilingues sont anglophones et 50% sont francophones et donc le gouvernement fédéral ne finance, pour la culture francophone, que le nombre qui représente la moitié des répondants bilingues, ce qui est incorrect et
ce qui réduit également l'obligation financière du Fédéral envers la minorité.
Ne tombez pas dans le piège. Voici la réponse que j’ai envoyée à l’amie qui m’a transféré le message :
Um...non.
Les recenseurs de Statistiques Canada ne présument pas que les gens bilingues sont 50% anglophones et 50% sont francophones. D'ailleurs, ils font une distinction très claire entre la langue maternelle des citoyens et le niveau de multilinguisme de la population.
On nous demande clairement dans le recensement quelle est notre langue maternelle et c'est normalement à ce moment que nous déclarons que nous sommes francophones (voir le tableau ici).
En ce qui à trait au multilinguisme, il y a d'autres questions qui sont très précises sur le nombre de langues parlées et le niveau de connaissance des deux langues officielles (voir article intéressant ici et tableau ici).
Il faut faire attention de ne pas fausser les statistiques parce que certains perçoivent un manque de services ou de financement des organismes francophones.
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Ignatieff : Manque de respect envers les Francophones

Un autre? On a voulu crucifier notre nouveau ministre de la défense nationale, Gordon O’Connor parce que la traduction de sont site avait été confiée à un logiciel de traduction automatique…avec des résultats désastreux. Ce n’est pas mieux chez Ignatieff où le français est pitoyable. Quelques exemples :
« Ce site est une lieu de rencontre et un point de depart… »
« C'est maintenant l'heure de rengager des membres et d'engager de nouvelles personnes aux politiques. »
« Celles-ci peuvent être, et doivent être la base même de notre action politique moral et moral. »
« Je crois que la conduite est au sujet d'ouvrir la capacité pour le fearlessness et audacieuse dans d'autres. »
« Je crois en Canadiens. » (de Montréal?)
« Venez à cet emplacement est mais la première étape. »
Et là, je n’ai lu que la page d’accueil.
Je pensais qu’Ignatieff était « perçu par plusieurs comme l'héritier de Pierre Elliott Trudeau? » Je pensais que c’était Belinda qui était censé perdre cette course en raison de ses lacunes par rapport à la langue de Molière?
00:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



