dimanche, 15 mai 2005
« Désolé, pas de pilule, mais voulez-vous un chausson aux pommes ? »
Il est difficile pour moi d’imaginer que notre santé puisse être traité comme une transaction d’affaire gérée par un PDG plutôt qu’une question d’accès universelle gérée par des médecins et par l’État. Apparemment, Jean Coutu n’est pas du même avis.
Cette semaine, on apprend dans La Presse que le groupe Jean Coutu fait campagne contre le président de L’Ordre des pharmaciens du Québec, Jean-Yves Julien. Ce dernier a osé s’opposer à l’ingérence des grandes compagnies en intervenant contre la pratique des ristournes, offertes illégalement par les fabricants de médicaments génériques aux pharmaciens propriétaires.
Dans une lettre aux pharmaciens du Québec, intitulée L'indépendance professionnelle des pharmaciens: l'Ordre n'accepte aucun compromis, il écrit. « Ceci implique qu'en tout temps, le pharmacien dispose de son indépendance professionnelle, écrivait-il. Ce concept n'est pas négociable: l'intérêt du public l'exige; la survie de notre profession en dépend.»
J’avoue qu’il est impossible de livrer des services pharmaceutiques sans la participation des groupes comme les pharmacies PJC, mais l’indépendance des pharmaciens est un principe qui ne doit jamais être brimé.
Sans être trop alarmiste, le risque d’une ingérence des grandes compagnies, qui sont plus concernés par les profits que les patients, risque d’amener qu Canada des cas comme celui du Wal-Mart dans l’État de l’Oregon qui refuse de dispenser des pilules contraceptives par principe moral. Wal-Mart admet même cette pratique dans une lettre signer par un représentant des services à la clientèle. Sans trop m’éloigner de mon sujet, je trouve intéressant le fait qu’une compagnie coupable d’avoir barrer ses employés dans son magasin pendant la nuit se sent qualifier de faire la moral à quelqu’un qui veut faire remplir une ordonnance signée par un médecin.
Le phénomène de pharmaciens devenus moralistes commence maintenant à faire les manchettes nationales aux États-Unis. C’est exactement ce qu'il faut éviter autant au Québec comme dans le reste du Canada.
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